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Louis-Pierre-Alexandre Martin, industriel et inventeur français, né à Sourdun (Seine et Marne) le 25 octobre 1811, décédé à Paris le ? - D'abord clerc de notaire, il s'occupa ensuite de serrurerie et de mécanique et inventa un système de percussion pour les harmoniums. Il entra dans la maison Alexandre pour l'exploitation de son invention puis s'installa à son compte à la tête d'une manufacture d'harmoniums 79, rue des Marais-Saint-Martin à Paris.

Biographie

"M. Martin de Provins s'est trouvé mêlé, dans ces derniers temps, bien malgré lui sans doute, a des articles et à des réclamations qui lui ont donné une publicité dont il ne se soucie guère, ainsi que tous les artistes sérieux et livrés à leurs travaux avant tout. C'est donc pour nous une bonne fortune que quelques notes qui nous sont tombées sous la main, sur la vocation et les études de cet éminent facteur. A cinq ans, paraît-il, l'enfant originaire de Sourdun, petit village des environs de Provins, fut emmené par son père à la ville, un jour de la foire Saint-Agoul ; c'était encore, à cette époque, un pèlerinage assez dévotieux, avec grande exhibition de châsses et de reliques dorées, messe en musique et accompagnement d'orgue ; et ce fut là que le jeune Martin entendit les premiers sons de l'instrument religieux. Cette première harmonie se grava dans sa mémoire, et depuis, le démon de la musique l'agita toujours. Rien n'est vraiment plus curieux et plus significatif à la fois, que de voir le petit virtuose s'escrimer d'abord sur une flûte d'un sou, puis sur un flageolet de buis, puis sur la chevrie, espèce de biniou picard, puis enfin sur le violon, et sur une clarinette achetée des modestes deniers paternels au prix exorbitant de huit francs.

Le jeune Martin entre bientôt chez un notaire, devient ensuite menuisier, approfondit les ressources que ce métier pourra lui offrir plus tard pour la fabrication des orgues, et se tient en même temps au courant de toutes les nouveautés du monde instrumental. Ce n'est cependant que depuis quelques années que M. Martin a pu se livrer, d'abord au prix de nombreux et lourds sacrifices, à l'exécution complète et perfectionnée des systèmes et des procédés qu'il avait depuis longtemps imaginés dans la fabrication des orgues, et qui ont été popularisés par la maison Alexandre. A la suite des précieux buffets montés à Provins et dans le cercle des paroisses environnantes, il s'est fait connaître et a pris le premier rang dans nos Expositions industrielles, notamment au grand concours industriel de 1855, à la suite duquel il a obtenu la suprême récompense : la croix de la Légion d'Honneur. Les instruments, fabriqués par lui d'après le système percussion, dont il est l'inventeur, présentent une foule d'ingénieuses combinaisons qui lui appartiennent ; c'est ce qu'indiquent une suite de brevets dont nous n'avons naturellement pas à nous occuper."

  • Source : Annuaire musical, 1857, p. 196-198 (Gallica)

L'invention de la percussion

Par l’invention de la percussion, Louis-Pierre-Alexandre Martin de Sourdun, dit Martin de Provins, supprima le défaut principal des instruments à anche libre : l’action lente du vent. En faisant ébranler l’anche par un marteau à échappement, il obtint la mise en vibration immédiate, que l’air seul ne produisait qu’avec un léger retard (1841). En même temps, Martin trouva l’expression par la touche, au moyen d’un système de soupapes ouvrant graduellement des trous pratiqués au sommier de l’anche, de façon à donner à chacun une nuance différente de son sans altération de la justesse. D’autres innovations, non moins précieuses, furent apportées l’année suivante à la construction des orgues expressifs par Martin (1842) : le prolongement du son produit par l’adjonction d’un petit soufflet retardant légèrement le retour de la soupape, de façon à soutenir les sons quelques instants après l’abandon des touches, comme cela a lieu avec la grande pédale du piano, effet que dans les orgues Martin on obtenait par l’action de genouillères ; la modification de la forme de l’anche, établie de telle sorte que l’air vibrant soit soutenu sur les côtés, sans qu’il puisse se répandre par derrière, dans le but d’obtenir des sons plus forts et plus harmonieux : l’imitation du timbre du hautbois, du cor anglais et du basson, par l’application de baudruche sur les châssis, cercles ou ouvertures, à l’instar du vulgaire mirliton. Ces innovations valurent à Martin une médaille de bronze en 1844 « l’instantanéité n’ayant jamais été obtenue dans aucun instrument de ce genre » disait le rapport. Tous ces perfectionnements et quelques autres se trouvaient réunis dans les instruments que Martin exposa en 1844, savoir : la percussion à tous les jeux, les genouillères pour le prolongement des sons (donnant à volonté la sonorité de la corde ou l’harmonie soutenue), l’accouplement des registres par des soupapes et de nouveaux trembleurs. Cette fois le jury lui décerna une médaille d’argent, mais c’est surtout en 1855 que les inventions d’A. Martin furent remarquées et appréciées ; outre la médaille de 1ere classe, il reçut la croix de la légion d’honneur (14 novembre). En 1867, P Bourlet lui avait succédé ; il reçut une médaille de bronze à l’exposition de 1878.

  • Source : Les facteurs d'instruments de musique - Pierre Constant -1893

Documents

Liens externes

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